Le 29 mai 2005, le peuple Français s'exprimait sur le traité instaurant une constitution européenne.
Quatre années depuis cette victoire du NON se sont écoulées. Pour quel résultat ?
Loin d'en avoir tiré les leçons, les partis traditionnels ont décidé de passer outre le choix que les Français avaient démocratiquement opéré, à commencer par le premier d'entre eux qui s'était engagé lors de la campagne présidentielle à renier ce vote et à faire adopter un nouveau traité par la force. Une promesse qui, elle, a bien évidemment été tenue au grand étonnement de certains gaullistes et souverainistes qui s'étaient engagés en sa faveur lors de cette élection.
Voici maintenant que les élections européennes auront lieu le dimanche 7 juin et que l'on reparle de ce désaveu de mai 2005.
Nous aurons en présence des listes bien évidemment européistes et d'autres qui se réclament de cette victoire historique du NON. Mais que proposent vraiment ces dernières listes ? l'une d'entre elle ne s'oppose pas à une Europe supranationale à condition que celle-ci soit sociale ; une autre ne propose ni plus ni moins qu'un plan B avec un nouveau traité européen, soit disant à la carte, mais avec ambition de créer une armée européenne (
ou comment ressusciter la CED...), de sauver cette monnaie qui a fait baisser le pouvoir d'achat des Français et transformé la France en une Nation monétairement dépendante, ainsi que l'instauration, ni plus ni moins, d'un protectionnisme européen. Une troisième liste paneuropéenne, proche des idées de la seconde, est menée par un parti qui s'est crée au niveau européen et dont l'une des têtes de liste s'est déclarée à plusieurs reprises euro-fédéraliste et pro-atlantiste.
Comment les partisans du NON gaulliste et souverainiste pourraient se reconnaître derrière ces listes ? après ce déni de démocratie, cette Europe nous concerne t-elle toujours ?
La question mérite d'être posée et la réponse semble claire.
Cette Europe de Lisbonne, nous n'en voulions pas et nous ne cautionnerons donc nullement ceux qui ont décidé de se prêter au jeu d'une élection au semblant démocratique qui ne sert strictement à rien si ce n'est reconnaître officiellement l'Europe comme une Nation. Car, seule une nation peut avoir des députés et les parlementaires nationaux devraient pouvoir déléguer parmi eux des membres afin de représenter la France dans ce pseudo Parlement européen.
Ce n'est pas par des élections qui envoient dans un Parlement sans pouvoir des représentants que nous réussirons à changer l'Europe et à faire reconquérir aux Nations leur souveraineté mais bien par les élections nationales !
Pour toutes ces raisons les gaullistes ne participeront pas à cette mascarade, que les Français rejettent par ailleurs, et ils appellent les défenseurs de la véritable souveraineté nationale et populaire à ne pas légitimer une élection qui, nationalement, n'a rien de légitime !
_________________
Sébastien NANTZ, co-président de l'UPF et gardien du temple gaulliste (et fier de l'être)
"Le patriotisme, c'est aimer son pays. Le nationalisme, c'est détester celui des autres" : Charles de Gaulle
"Etre gaulliste, c'est être de gauche et de droite à la fois" : Charles de Gaulle