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 L'université en colère

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Christof.
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MessageSujet: L'université en colère   Mer 4 Fév 2009 - 11:33

Les universités grognent. Ce n'est certes pas la première fois. Ces soubressauts sont fréquents et j'en ai moi-même vécu certains durant mon passage à la faculté.

Néanmoins, comme dans d'autres secteurs, le malaise est cette fois ci bien plus profond car à l'origine du mouvement se trouvent les enseignants-chercheurs et non les étudiants...

Un rappel nécessaire : cette réforme Pécresse de l'université est avant tout celle de l'autonomie et donc des inégalités entre les grands pôles universitaires (Sorbonne, Assas) et les universités de taille moyenne dont je suis issu.
En somme, pendant que les universités les plus prestigieuses n'auront aucun mal à attirer les financements privés sous la forme de mécénat, les universités moins connues devront se contenter du financement par l’État dans un contexte de compression des fonds publics.

Ainsi, 20 universités sont devenues autonomes le 1er janvier 2009. Aucune surprise là-dedans, ce n’est que l’application concrète de la loi LRU, adoptée en août 2007.

Mais à l'origine des tensions qui montent ces derniers jours dans les universités (les assemblées générales se multiplient depuis le début de la semaine), figure le décret de révision du statut des universitaires, dans le prolongement de cette loi LRU, qui donne aux présidents d'universités le pouvoir de décider la répartition de leur temps de travail entre la recherche et l'enseignement... en fonction de la qualité de leur activité de recherche.

Comment donc mesurer l’activité et la productivité des enseignants-chercheurs ? quel est ce critère infaillible qui va être appliqué ?

La recherche ne devrait donc être réservée qu'aux plus performants au nom de la sacro-sainte culture du résultat ?

Je souligne à toutes fins utiles que le Conseil constitutionnel a affirmé l'indépendance des professeurs des universités comme étant un principe fondamental reconnu par les lois de la République (Décisions n° 83-165 DC du 20 janvier 1984 et n° 93-322 DC du 28 juillet 1993)

Viser l’excellence de nos universités et de notre recherche est un objectif louable mais ce n'est certainement pas en portant atteinte aux libertés universitaires et en opérant la privatisation rampante de l’enseignement supérieur que ce but sera atteint.

_________________
Christophe CHASTANET
Secrétaire général d'Initiative Gaulliste et de l'Union du Peuple Français
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Brian

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MessageSujet: Re: L'université en colère   Mer 4 Fév 2009 - 19:34

Christof. a écrit:
Les universités grognent. Ce n'est certes pas la première fois. Ces soubressauts sont fréquents et j'en ai moi-même vécu certains durant mon passage à la faculté.

Néanmoins, comme dans d'autres secteurs, le malaise est cette fois ci bien plus profond car à l'origine du mouvement se trouvent les enseignants-chercheurs et non les étudiants...

Un rappel nécessaire : cette réforme Pécresse de l'université est avant tout celle de l'autonomie et donc des inégalités entre les grands pôles universitaires (Sorbonne, Assas) et les universités de taille moyenne dont je suis issu.
En somme, pendant que les universités les plus prestigieuses n'auront aucun mal à attirer les financements privés sous la forme de mécénat, les universités moins connues devront se contenter du financement par l’État dans un contexte de compression des fonds publics.

Ainsi, 20 universités sont devenues autonomes le 1er janvier 2009. Aucune surprise là-dedans, ce n’est que l’application concrète de la loi LRU, adoptée en août 2007.

Mais à l'origine des tensions qui montent ces derniers jours dans les universités (les assemblées générales se multiplient depuis le début de la semaine), figure le décret de révision du statut des universitaires, dans le prolongement de cette loi LRU, qui donne aux présidents d'universités le pouvoir de décider la répartition de leur temps de travail entre la recherche et l'enseignement... en fonction de la qualité de leur activité de recherche.

Comment donc mesurer l’activité et la productivité des enseignants-chercheurs ? quel est ce critère infaillible qui va être appliqué ?

La recherche ne devrait donc être réservée qu'aux plus performants au nom de la sacro-sainte culture du résultat ?

Je souligne à toutes fins utiles que le Conseil constitutionnel a affirmé l'indépendance des professeurs des universités comme étant un principe fondamental reconnu par les lois de la République (Décisions n° 83-165 DC du 20 janvier 1984 et n° 93-322 DC du 28 juillet 1993)

Viser l’excellence de nos universités et de notre recherche est un objectif louable mais ce n'est certainement pas en portant atteinte aux libertés universitaires et en opérant la privatisation rampante de l’enseignement supérieur que ce but sera atteint.

En effet, l'AG de mon IUT se fera demain.

Je voterai l'appel à la grève, et il ne fait nul doute que celle-ci remportera le scrutin.
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Christof.
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MessageSujet: Re: L'université en colère   Ven 27 Aoû 2010 - 10:21


Annoncée comme sacrifiée, la niche fiscale qui permet aux familles, dont un enfant est étudiant, de cumuler la demi-part supplémentaire pour leur déclaration d'impôt et l'aide personnalisée au logement a été repêchée des eaux hier par l'Elysée à l'issue d'une réunion d'arbitrage avec Valérie Pécresse.

Indubitablement, une bonne nouvelle, unanimement saluée par toutes les organisations étudiantes (même le MET, ex-UNI, ce qui n'est pas peu dire !), pour les étudiants et leurs familles sur qui pèse le coût exhorbitif des études superieures (cf. infographie ci-dessus).

Par contre, cette reculade révèle surtout, par un cruel effet de miroir, le manque de détermination du gouvernement, pour ne pas parler de tâtonnements... le discours de Brégançon de vendredi dernier sur les niches fiscales est déjà à mettre au rebus !

Ce qui, à y regarder de plus près, n'est guère surprenant.
Car, non seulement l'impact budgétaire de 10 milliards d'euros reste mineur mais l'abandon d'hier prouve qu'il est socialement impossible d'y porter atteinte sans risques.

En matière fiscale, mieux vaut se méfier des solutions miracles !

-----------------------

Ajout du 13 Septembre 2010 :

Le gouvernement, Valérie Pecresse en tête, se gargarise du nombre d'inscriptions à l'université (1,6% par rapport à la dernière rentrée), mettant cette hausse sur le compte de l'autonomie, instaurée par la loi du 10 août 2007.

Et si ce chiffre n'était que l'arbre qui cache la forêt ?

Car la vraie conséquence de conférer aux universités autonomes la gestion de leur personnel et de leur budget, c'est l'envolée des frais d'inscription qui ont augmenté cette année de 1,7% en licence et de 2,6% en master et doctorat, sans pour autant que l'on en ressente les retombées sur les batiments d'un autre âge ou en faveur de logements étudiants.

Sachant également qu'un quart des entrants quitte l'université après un an, sans diplôme, et que 40% des étudiants qui s'inscrivent en licence ne vont pas jusqu'au bout, nos gouvernants feraient mieux de nous expliquer quels véritables débouchés professionnels ces universités "plus attractives" pourront offrir à ces nouveaux bacheliers, plutôt que de s'enorgueillir de l'accroissement des effectifs étudiants.

S'autoféliciter c'est bien, agir c'est mieux !

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Christophe CHASTANET
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